Taichi Chuan et Médiation

mardi 13 mars 2007

par Sophie Mandelbaum

La médiation est un mode de résolution des conflits dans lequel un tiers, dit « médiateur », organise l’échange pour favoriser entre les personnes un dialogue dont une issue satisfaisante pour tous pourra émerger. Elle se développe considérablement ces dernières années, répondant à un besoin d’articulation, de passerelles, entre groupes cohabitant dans une société avec des valeurs, mœurs, et fonctionnements différents. Elle concerne tous les domaines de la vie : conflits familiaux, de voisinage, professionnels, entre groupes sociaux, ou États. En France, elle trouve une forme de reconnaissance depuis son introduction dans le droit par les lois et décrets de 1995 et 1996 : le juge peut la proposer aux parties lors d’un contentieux civil ou pénal. L’implication personnelle du médiateur dans cette pratique fait dire à certains que sa pratique relève de l’art plus que de la technique.

Le taï chi chuan est un art martial chinois. On le reconnaît, dans les jardins publics, aux mouvements lents et fluides qui constituent une partie de l’entraînement. Formalisé au XIIème siècle par le moine Chang San Feng, il est le résultat de pratiques d’entretien de la santé et de combat, millénaires. Il se caractérise, dans le tai chi que je pratique, par le travail sur les principes internes, la polarité yin/yang, et notamment l’utilisation du souffle interne. Ses bienfaits pour la santé sont de plus en plus reconnus, et étudiés (gestion du stress, image de soi, équilibre, etc…), profitables au médiateur également. Dans cette discipline, le “tui shu” retiendra particulièrement notre attention. Du fait du contact continu, cet exercice constitue une expérience exceptionnelle d’écoute de l’autre et de soi dans la relation.

Dans notre pratique de ces deux arts [1], nous identifions des valeurs ou principes communs aux deux. Nous émettons l’hypothèse qu’en les travaillant corporellement par le tai chi chuan, le médiateur augmente sa congruence [2] dans sa pratique, et donc son efficacité. Ce que le pratiquant de tai chi chuan travaille nous semble favorable à l’adoption d’une « posture » de médiateur. Posture mentale, physique, affective. Nous proposons d’examiner, en six paragraphes, ces valeurs, ou principes, communs.

1. Le conflit, une opportunité pour grandir

Le conflit est souvent perçu comme négatif, destructeur, dans notre société. À l’inverse, les médiateurs savent combien le conflit, parce qu’il est l’expression des différences, des désaccords, rend possible leur gestion, et l’évolution d’une relation qui, autrement, serait menacée de sclérose, d’explosion, ou d’implosion. Le conflit est une chance d’adaptation, de survie de l’individu, et des relations tissées. La médiation est la reconnaissance de cette dimension du conflit, l’orchestration qui lui permet de produire une issue favorable. Le conflit bien exprimé, bien mené, abouti, nous transforme. Il est une chance de « grandir ».

En tai chi chuan, pourquoi le travail à deux ? À voir les mouvements de la forme réalisés lentement, l’harmonie qu’ils éveillent chez l’apprenant et celui qui le regarde, à quoi peut bien servir de « combattre » ? Ne s’agit-il que d’un défoulement de tensions négatives accumulées, l’expression de pulsions destructrices résiduelles ? Non. La rencontre, la dimension martiale, est une occasion réelle de progresser. C’est un moyen de vérifier la justesse de ses mouvements sans lequel le pratiquant est livré en pâture aux illusions du « ressenti de l’énergie ». La dimension martiale du tai chi chuan recouvre les « applications » (exécution des mouvements de la forme à vitesse réelle, sous forme de parade à une attaque), les « combats », « à pas fixes » ou « à pas mobiles ». Le tui shu, aussi appelé « poussée des mains », consiste en un face à face entre deux pratiquants exécutant une série de quatre mouvements (an, chi, peng, lu), en décalé, en parfaite complémentarité. Le jeu est considéré comme arrêté lorsque l’un des deux est déséquilibré. Chaque partenaire « place », au moment opportun, un des mouvements de la forme. L’autre répond afin de maintenir l’équilibre, et le jeu se poursuit, à l’infini [3]. La mauvaise exécution des mouvements se traduit immédiatement par une perte d’équilibre. Le travail à deux révèle la qualité du travail individuel, la transformation personnelle de l’artiste au travers de sa pratique. La rencontre est, sur la voie de l’apprentissage, un test. Comme en médiation, vivre l’opposition est cette occasion d’apprendre sur soi pour progresser, orienter son évolution personnelle. Entrer dans le conflit, lui permettre de se jouer est, en médiation comme en tai chi chuan, accepter l’agressivité et la combativité comme des composantes de nous-mêmes, ni négatives, ni positives, avec lesquelles évoluer.

Notons que l’idéogramme chinois désignant le conflit (ou « crise ») se forme de deux composantes, dont l’une désigne la menace, le danger, et l’autre… une chance, une opportunité ! [4]

2. Des partenaires co-constructeurs de la situation plutôt que des adversaires

Face au conflit, chaque personne se considère souvent comme victime de l’autre, acteur passif d’une scène qu’il subit. En médiation comme en tai chi chuan, chacun est au contraire invité à porter son attention sur sa contribution à la construction de la situation. Et c’est parce qu’il peut en prendre conscience, l’apprécier, qu’il mesure aussi son pouvoir de changer la situation. La médiation procède d’une démarche absolument différente de la victimologie par exemple, dans laquelle la victime a subi. Blessée, déstabilisée, elle incrimine l’action de son adversaire.

Le médiateur crée un climat de confiance et chacun lâche un temps sa demande, pour offrir un peu de compréhension à l’autre. Ce faisant, il se permet aussi de devenir compréhensible à lui-même. Il observe, par son récit et celui de l’autre, comment l’ensemble de leurs comportements conduit à la situation. Les deux personnes, plutôt que victimes et bourreaux, se révèlent, en l’absence de jugement, contributives ensembles à la production d’un résultat.

La perception de cette contribution (plutôt que « responsabilité », plus culpabilisante) révèle en même temps à chacun son pouvoir sur la situation. Pouvoir qu’il se réapproprie pour faire évoluer la situation.

En tai chi chuan, parce que le conflit est perçu comme une occasion d’apprentissage, « l’adversaire » devient ce partenaire grâce auquel on peut vivre cette expérience. Engagé dans telle posture défavorable, le pratiquant de tai chi, plutôt que de maudire celui qui le met en difficulté, découvre la faille de la gestuelle dans laquelle l’autre s’est engouffré. Il apprend ce qui, dans son action, a permis à l’autre de placer tel mouvement déstabilisant. Il peut alors chercher à transformer son action en une autre qui lui permettra de rétablir un équilibre entre les deux. Les pratiques à deux offrent une expérience physique de la perception de l’ensemble de l’interaction.

3. La reconnaissance mutuelle

La reconnaissance de l’autre est le contraire de sa négation. Elle suppose d’accepter la présence de l’autre, tel qu’il est. Le salut, en début et fin de rencontre tai chi concrétise cette pensée. « Au lieu de reprocher à l’autre ce qu’il est, je l’accepte. Je trouverai, grâce à ce qu’il est, et le problème qu’il me pose, les ressources en moi pour évoluer. Je le reconnais comme partenaire, avec son niveau, et moi, avec le mien. Plus avancé, il m’éduquera. Moins avancé, il m’éduquera dans ma capacité à l’aider à progresser ». [5]

Le médiateur cherche volontairement à provoquer la reconnaissance mutuelle et à ce qu’elle soit exprimée. Reconnaissance par l’acceptation de la présence physique des personnes ; reconnaissance par l‘écoute également. Il demandera, par exemple : « Pouvez-vous dire à X ce que vous avez compris de ce qu’il (elle) vient d’exprimer ? ». Entendre ne signifie pas être d’accord, mais c’est déjà le reconnaître en tant que personne.

La reconnaissance mutuelle, tout comme l’écoute, puis la volonté de coopération, le médiateur les « obtient » pas tant par sa volonté que par sa façon d’être avec les personnes qu’il accueille. Et son comportement fait tâche d’huile. Se diffuse, entre ceux qui en bénéficient.

La reconnaissance mutuelle est une condition pour gérer la situation et apprendre l’un de l’autre, dans ces deux arts.

4. Être centré, et à l’écoute

Le conflit déstabilise. Vivre pleinement cette rencontre, pour qu’elle soit fructueuse, suppose d’être à la fois centré, et à l’écoute de l’autre.

En tai chi chuan, le “tui shu” entraîne à maintenir l’attention sur ces deux injonctions, de prime abord contradictoires. Il présente l’avantage d’un contact durable (sur tout l’enchaînement, nous ne perdons jamais le contact) dans lequel l’écoute a le temps de s’installer, et de progresser. À la différence des combats, l’objectif n’est pas de faire tomber l’autre, mais de percevoir les vides et les pleins, tensions, intentions, afin de placer une application, afin d’écouter suffisamment, à la fois l’autre et soi-même, pour suffisamment maintenir son propre équilibre et sa capacité de mutation. [6]

Ce qui semble antinomique, centrage et ouverture, le tai chi chuan crée les conditions d’en expérimenter la complémentarité, voire la double nécessité. Nous vivons directement cette expérience du centrage, grâce auquel la détente est possible et dont l’écoute découle naturellement, avec une grande qualité. « Installé dans sa structure », le partenaire, souple et détendu, peut oser aller vers l’autre, pour une action.

Centré sur lui-même, attentif à garder calme et souplesse, à caler une respiration adaptée, garder son axe et la conscience aux principes internes qu’il met en œuvre, le pratiquant de tui shu est aussi à l’écoute des plus infimes mouvements de son partenaire, aux variations de sa respiration, de la tension d’une partie de son corps, perceptible dans le bras, les doigts, etc… Cette présence, à soi, à l’autre, et à l’ensemble, est une condition de l’efficacité. Tout excès dans un sens au détriment de l’autre se traduit par une faille, dans laquelle le partenaire s’engouffre spontanément. Le tai chi apprend une très subtile écoute de soi, et de sa relation à l’autre. Le tui shu se nomme parfois « mains collantes ». Or, certains médiateurs décrivent leur pratique en disant qu’ils « collent » aux personnes présentes, pour les accompagner dans la maturation de leur échange. Il y a, dans ce contact qui allie la présence, l’écoute, et le respect de la dynamique de l’autre, beaucoup du subtil équilibre que les médiateurs cherchent dans l’empathie. [7] Dans la médiation, chaque personne, y compris le médiateur, doit garder la conscience de sa présence, de ses besoins, de sa demande et percevoir les mouvements de chacun et de l’ensemble. Une personne trop sensible à une concession de l’autre, à l’atténuation de son agressivité, à une marque d’attention, acceptera un accord sans avoir suffisamment pris en compte ses propres besoins. Regrettant le contenu du compromis, il le remettra en cause plus tard, réactivant le conflit. À l’inverse, refusant d’entendre l’histoire, la souffrance, la demande de l’autre, le médiant [8] passera à côté de la compréhension de ce qui, en l’autre, est également lui, peut le rendre compréhensible et donner envie de chercher ensemble la meilleure solution pour tous.

De même, le médiateur, à l’écoute des médiants, est aussi à l’écoute de lui-même, pour pouvoir rester « centré ». C’est-à-dire tenir sa posture, quelle que soit son émotion, quelle que soit la bonne ou mauvaise volonté des personnes, ce qu’elles lui inspirent, leur éventuelle agressivité ou provocation. Il est ce tiers impartial et neutre qui, quoi qu’il arrive, reste garant du processus de dialogue. L’ouverture à l’autre, agrandie par la détente que permet le centrage, donne au médiateur une capacité de perception des états intérieurs des personnes y compris à partir de leurs manifestations involontaires. Cela constitue un atout précieux pour conduire le processus, détecter et inviter l’émotion contenue à s’exprimer, ou au contraire, ménager une blessure, une fragilité.

En tai chi chuan, la double attention à « être centré » et « être à l’écoute » ouvre la voie au « wu wei ». Ce vide dans lequel le non agir agit, plus efficace que toute action volontaire. Cette même grâce qui touche le médiateur lorsque la médiation … se fait !

5. « Lâcher » pour « gagner »

Nous craignons souvent en donnant un peu, d’être pris au piège infernal de l’Autre. Céder un peu à sa demande, c’est commencer à se renier, alors ne cédons rien. Ne donnons rien. Pas même notre écoute. En tui shu, nous découvrons que céder un peu à l’autre ou accepter d’accompagner son mouvement nous permet ensuite de nous mouvoir dans le respect de notre propre équilibre. Et ainsi trouver, dans les dynamiques présentes, celles avec lesquelles nous nous mouvrons, tous deux. Par exemple, il me saisit au poignet et me tire à lui. Au lieu de tirer dans l’autre sens, je cède un peu de ce bras que je laisse avancer en détendant l’épaule. Je descends mon centre dans mon talon. Vissée au sol, le mouvement repart dans l’autre sens, par exemple (comme dans « caresser l’encolure du cheval »). Mon équilibre rétabli, mon partenaire peut transformer à son tour mon mouvement.

En médiation, chaque médiant découvre, en lâchant, en donnant un peu de son écoute, en accédant à la demande de l’autre, de reconnaissance au moins, il se montre plus enclin à déceler ce qui, entre eux deux, peut être une démarche commune, satisfaisante pour tous, contre laquelle il se fermait d’entrée de jeu, par principe même, dès lors que l’Autre, l’Ennemi, en était.

« Lâcher pour gagner ». L’entraînement tai chi y revient perpétuellement, tant nos réflexes de fermeture et d’opposition, de rétention, sont fortement ancrés.

Le médiateur comme l’apprenant en tai chi chuan « visent » la non action, la non intervention. Le médiateur, centré sur le processus, doit s’abstenir d’intervenir dans le conflit, tout en étant présent, « en empathie ». Le pratiquant de tai chi chuan doit lâcher l’intention de combattre, de gagner, et simplement, être, dans sa structure.

6. La dynamique du « yin-yang »

Le yin-yang est ce cercle coupé en deux par un S. Une partie, noire, représente le « Yin » (sombre, passif, en bas, féminin, nuit, froid), l’autre, blanche, le « Yang » (clair, actif, en haut, masculin, jour, chaud). Chacune, dans sa partie la plus bombée, accueille un point de la couleur inverse. Il représente de façon analogique les jeux des forces, des opposés vus comme complémentaires, dont naît une dynamique créatrice. Il est parfois utilisé comme repère pédagogique dans l’enseignement du tai chi chuan. Par exemple, pour indiquer qu’à un mouvement défini comme yang, le partenaire répond par un mouvement dit « yin » avant un autre mouvement « yang » ; action plus douce, économique en énergie et efficace, que yang sur yang, qui introduit la force musculaire. Nous avons expérimenté la pertinence, pour la médiation, de deux assertions utilisées en tai chi chuan à partir de ce symbole.

Première assertion : « le yang poussé à son extrême devient yin » (et vice versa) : en « push hands », l’expérience se vit immédiatement : je pousse mon partenaire (action « yang ») ; si je ne lui propose pas assez tôt le « lu » (mouvement « yin »), je deviens faible, je chois. Je perçois ce moment critique, où je dois volontairement adopter un mouvement yin pour « rester dans le jeu ». Consciente de la fin de mon yang, j’entre volontairement dans le yin choisi. Le yin, à son extrême, devenant yang. En médiation, des phases offensives, de colère, d’expression, de revendication, intransigeantes, alternent avec les phases d’écoute, d’ouverture, même si c’est selon une amplitude variable selon les personnalités. Le médiateur veille à ce que chacun ait pu aller au bout de chacune de ces phases, car alors, le processus « avance ». Forcé, le passage de l’une à l’autre nécessitera sans doute des retours en arrière dans le processus. Guidé dans le respect de chaque personne, il produit une dynamique d’évolution. [9] La médiation progresse, à mesure de ces séquences (colère, yang / apaisement, écoute, yin / recherche de solutions, yang/ deuil de ce qui ne sera pas obtenu, yin/ mise en œuvre de la solution, yang…).

Seconde assertion : « dans le yang, il y a une pointe de yin, dans le yin, une pointe de yang ». Sur la poussée de mon partenaire, je fais plus que simplement reculer (yin) : je maintiens mon mouvement, ma structure, je pivote autour de mon axe, et j’oriente sa poussée dans mon talon arrière. Cette « pointe de yang » est l’intention d’action que je maintiens tandis que je suis passivement l’action. Puis, dans le mouvement « yang », active, je préserve une attention à l’écoute (« yin ») de mon partenaire (son intention, ses actions, ses tensions, etc…). De même, le médiateur conduit le processus sans céder à la stricte directivité (yang pur), sans non plus laisser les personnes conduire seules le bateau de la relation (yin pur)…

En conclusion...

La médiation est peu connue, peu comprise, peu développée en France, où, une fois le conflit éclaté, chacun campe sur ses positions et rechigne à tendre la main. Elle a plus de chances d’être comprise par les apprenants en tai chi chuan, dont la pratique corporelle éduque l’entièreté de la personne à une autre représentation, à un autre vécu du conflit.

On nous opposera que les pratiquants de tai chi chuan ne sont pas tous des êtres pacifiques, des « médiateurs naturels ». Cela ne nous semble pas contredire notre hypothèse, nous invitant simplement à nous souvenir que dans le domaine de la « matière humaine », les évolutions sont lentes et se mesurent parfois à l’aune d’une vie…


Blog de Sophie Mandelbaum : http://www.zoommediation.fr/


[1] « Celui qui travaille avec ses mains est un ouvrier. Celui qui travaille avec ses mains et son cerveau est un artisan. Celui qui travaille avec ses mains, son cerveau, et son cœur, est un artiste », devise des Frères Schelcher, artistes ébénistes dans le village de Rumersheim (Alsace).

[2] La congruence se définit comme la cohérence entre le contenu du message et les attitudes (ensemble de communication verbale et non verbale) du professionnel.

[3] Le tui shu ainsi défini correspond au tui shu pédagogique, pas au tui shu de compétition

[4] cf. http://www.barbier-rd.nom.fr/esprit...

[5] Parfois même, sa spontanéité constitue un atout là où mon expérience me bloque. C’est alors lui qui m’enseignera…

[6] De transformation continue des mouvements.

[7] L’empathie se définit comme cette façon d’être avec, d’entendre l’autre, de l’accueillir, dans ce qui est important pour lui.

[8] Ce néologisme est employé par certains médiateurs pour désigner les personnes en conflit. Conjugué ainsi, il accentue l’importance de leur implication dans la démarche de médiation

[9] « Séparer » les temps yin / temps yang, les personnes en médiation chacune dans la conscience de son ressenti et de ses besoins, afin que la polarité puisse produire la créativité.


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